Ceci est une histoire d’amour parmi tant d’autres.

Une qui m’aura transformée comme aucune autre.
Un jour viendra où mon cœur aura suffisamment guéri, où je pourrai peut-être relire l’histoire que je m’apprête à raconter malgré mon souhait de ne plus en dire mot.
Je la mets en mots, telle que je la perçois maintenant, pour m’assurer de ne pas l’oublier et éviter de la transformer, en la rendant meilleure ou pire.
Bien que cette histoire soit racontée de ma perspective actuelle.
Perspective encore teintée d’émotions contradictoires et fortes.
Au fond, il serait peut-être préférable de laisser au temps le soin d’adoucir quelques coins, d’aplanir quelques sentiments avant de la décrire en mots.
Je la raconte tout de même car c’est ce dont j’ai besoin : mettre en lumière la réalité qui est mienne, qui a son importance.
Après avoir écrit ces mots, je vais tenter de la laisser aller, et poursuivre mon chemin.
Il faudra que je l’oublie un temps.
Autrement, je ne vois pas comment je pourrai continuer d’avancer.
La tristesse que je ressens depuis que c’est terminé me laisse croire que je n’ai jamais vécu une peine d’amour avant celle-ci.
J’en ai connu aucune de cette intensité.
Ce qui totalement logique, parce que ce n’était que ça : une histoire d’intensité, du début à la fin.
Et il faut que je la raconte. Que mes cellules se détachent de la puissante empreinte énergétique qu’elle a générée.
Les gens qui marquent notre vie sont parfois ceux qui sont restés longtemps à nos côtés, parfois ce sont ceux qui ont eu le plus éphémère des passages.

Il aura fallu un seul sourire, timide, presque poli pour que mon cœur soit conquis.
Il y a peine 3 mois de cela…
Normalement, je ne suis pas de celles qui prennent les devants, qui vont démontrer l’intérêt.
En fait, j’ai toujours cru que si tu ne te donnais pas la peine de venir vers moi, tu n’étais pas digne de mon attention. Je me donnais cette importance, hé oui…
Pourtant, avec elle, c’était différent. TOUT était différent.
L’attraction ressentie me poussait par toutes les cellules de mon corps à aller à sa rencontre, à la découvrir davantage.
Donc, je lui ai demandé son numéro de téléphone. Je sais, en 2024, c’est un peu vieux jeu... mais que voulez-vous, je suis comme ça, j’aime faire les choses différemment.
C’est là que tout a commencé. J’étais gonflée d’espoir et juste heureuse d’avoir été capable de franchir cette étape. Je me sentais comme une ado qui vibre pour la première fois. C’était bon, j’avais oublié ce que ça goûtait.
Pourtant, Dieu sait que j’en ai eu des relations significatives dans les dernières années. Je n’en étais pas à ma première expérience. Mais je me sentais comme si.
Aussi brève que fut cette histoire, elle m’aura transportée à travers des sensations, des émotions d’une intensité jamais ressentie auparavant.
C’est précisément ce qui est douloureux dans la finalité de cette aventure…la perte de cette intensité!
Le feu de la passion…

Celui qui vibre encore dans chaque respiration, dans chacun de mes battements de cœur.
Je suis de nature hypersensible.
Je ressens tout avec intensité. Je me rappelle avec précision de la moindre sensation ressentie, du premier contact avec sa peau, au dernier sourire qu’elle m’aura offert.
Je n’ai qu’à fermer les yeux et rejouer la scène où nos lèvres se sont rencontrées pour la première fois pour que les mêmes sensations de ce beau jour d’été résonnent dans mon corps. C’est comme si j’y étais.
C’est une sensation qui m’engourdît les jambes en passant par ma yoni, mon ventre, mon cœur jusqu’à faire pétiller de joie mon cerveau.
Nous étions en apparence tout l’opposé l’une de l’autre. Nous n’avions que peu d’intérêts en commun. Mais je m’en foutais.
Ce que j’ai compris plus tard, c’est qu’en profondeur, nous nous ressemblions. Nous avions des blessures similaires. Nos âmes se reconnaissaient.
Même si, physiquement, 3 ponts et quelques centaines de kilomètres nous séparaient, nous avions cette façon bien à nous de nous rejoindre.
Nous trouvions le moyen d’être ensemble.
De toute façon, pour moi tout ça n’était que détails.
Ce que je ressentais à l’idée de la voir et lorsque j’étais en sa présence effaçait tout ce qui aurait pu nous diviser.
Alors, que s’est-il passé pour que nos routes se séparent ?
Je me le demande encore… ou je refuse de l’accepter.
Le rêve !

Tandis que certaines jeunes filles regardent les olympiques et rêvent de devenir la prochaine Simone Biles ou encore d’être la prochaine à « scorer » comme Marie-Philip Poulin, moi, c’est différent.
Pour moi, regarder « The Notebook » et m’imaginer terminer mes jours en ayant une histoire similaire à raconter, c’est le rêve !
Je suis peut-être bien idéaliste, ou lunatique, ou encore je rêve en couleurs, me diraient certains. Mais c’est mon rêve le plus cher depuis toujours.
Oui, je suis une grande romantique. Il est temps que je m’assume et que je ne me contente de rien de moins qu’une histoire digne des plus beaux films d’amour.
Elle m’aura rappelé que l’amour et la passion existent. Qu’il y a de bonnes raisons de continuer de m’accrocher à ce rêve. Aussi fou puisse-t-il paraître.
Même si de nos jours être romantique est presque synonyme de loufoquerie, de déraison ou d’absurdité.
C’est curieux, presque tout le monde aime les films d’amour, mais peu de gens y croient encore. Je trouve que c’est bien triste.
De quoi avons-nous si peur ?
Une intensité consumée.

Dans l’intensité de cette passion, il y avait aussi l’intensité de nos blessures. Elles étaient activées si puissamment dans nos tentatives d’intimité qu’il était devenu difficile de naviguer dans ce courant.
Les jours où son arrogance activait la « drama queen » en moi, nous en avions pour plusieurs heures à voguer sur une vague d’une magnitude percutante.
Puis, la tempête passée, nous revenions, le plus doucement possible et retrouvions le chemin du cœur.
Mais ce n’était pas sans conséquences. La fatigue émotionnelle nous gagnait toujours un peu plus chaque fois.
Ce passage était ardu. Je l’admets. Malheureusement, nous manquions d’outils pour y faire face avec maturité.
Peut-être que je suis la seule à avoir ressenti l’intensité de cet amour qui se consumait trop rapidement.
Je ne sais pas.
Une chose est sûre, dans les moments où j’ai eu la nette impression que ces sentiments étaient partagés, j’aurais pu mourir en paix. Plus rien n’avait d’importance. Je touchais enfin au rêve.
Même si ce que nous avons partagé s’est consumé, la flamme qui m’habite de vivre une véritable histoire d’amour hors du commun est toujours bien vivante.
J’ose encore espérer que ce sera avec elle…
Cette relation embryonnaire m’aura laissée sur ma faim.
Elle m’aura fait vibrer d’une façon que je n’osais pratiquement plus imaginer.
Transcender les traumatismes, un à la fois.

J’étais en rémission d’un PTSD, suite à une agression sexuelle.
C’est avec elle que je me suis permise de reconnecter avec l’énergie sexuelle. Avec elle, j’ai pu redécouvrir que le plaisir pouvait co-exister avec l’empreinte traumatique.
C’était une expérience tellement significative pour moi. Je n’aurais pu imaginer être mieux accompagnée pour ces retrouvailles.
Toutefois, ce trauma n’était que la pointe de l’iceberg.
J’ai vite compris que chaque blessure intérieure, chacun des évènements qui ont marqué mon histoire, de l’enfance à aujourd’hui referaient surface en relation avec elle.
Parce qu’elle possédait la clé, à son insu, qui donnait accès à tout.
Avec elle c’était comme ça. Et je ne savais pas si j’étais prête à l’accepter.
Quand j’ai su que j’étais absolument certaine et prête pour cette aventure, il était trop tard. Elle était déjà loin.
Une relation fausse couche.

12 semaines.
12 semaines pendant lesquelles la relation a pris vie au creux de mon ventre. Pour brutalement s’éteindre.
Pleine d’espoir et soudain, le vide.
Aujourd’hui, je suis seule avec ces promesses mortes nées.
Tout ce qu’il me reste sont des souvenirs encore bien vivants et toutes les promesses d’une relation qui dure dans le temps.
Tant de promesses envolées…
Renaître de ses cendres.

Après s’être consumés, que reste-t-il ?
Le deuil.
Renaître.
Continuer d’avancer. Un pas à la fois.
Remercier cette expérience pour les leçons.
Laisser le temps faire son œuvre, que ça me plaise ou non.
Le cadeau est là. Cette histoire n’était qu’un bref aperçu.
Un aperçu qui me laisse croire que le rêve se réalisera.
Ce n’est qu’une question de temps.
Mon coeur s’emballe quand mes yeux s’abreuvent de tes mots. Ma soif s’étanche mais j’en veux encore. Merci!